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Journal | Octobre 2020

 
  • mercredi 14
La Collection
La Collection
Crédits : Gwendal Le Flem

La Collection, pièce de Harold Pinter, mise en scène de Ludovic Lagarde, production TNB , 2019

Harold Pinter, nom depuis longtemps entendu sans plus, l’occasion ici d’enfin rencontrer son écriture, ce qui s’y dit, ses silences, et ce qui s’y crie entre deux échanges de banalités. Ici sur les rapports de couple, les rapports entre les gens, l’ennui, la jalousie, puis finalement l’amour bien sûr. J’ai vraiment beaucoup aimé. Beaucoup aimé aussi la mise en scène épurée et suffisamment aérée pour laisser ces silences circuler, servie par le jeu tout en justesse des quatre excellents comédiens. Tout n’est pas noir, tout n’est pas blanc... Une soirée comme j’aimerais en passer plus souvent !

 

 

 
  • lundi 19, y s’rait temps !
16 levers de soleil
16 levers de soleil

16 levers de soleil, documentaire de Pierre-Emmanuel Le Goff

Prendre de la hauteur à travers les yeux d’un lecteur de St-Exupéy, parcours parallèle par les chemins de l’exploration, s’éloigner, prendre la distance nécessaire pour mieux embrasser la terre des hommes, le territoire commun. Englober l’humain, vivre l’inhumain, apercevoir le surhumain, le lecteur de St-Ex et le lecteur de Kubrick, un peu de 2001 dans cette confrontation cosmique, le poids des chaussettes et la métaphysique, puis retour à l’humain, universalisé par l’expérience unique, le rapport d’une fraternité de l’expérience humaine à distance de la terre... Entre les deux, le courrier ou la science pour relier, pour faire rêver et réfléchir, apporter l’image d’un monde meilleur, uni. Loin d’être parfait, certaines parties manquent en effet de rythme, ou me semblent maladroits, j’ai cependant beaucoup aimé l’esprit dans lequel il a été fait, ce qu’il nous partage et transmet, à son tour.

 

 
  • samedi 31,
Trop semblable à l'éclair | Terra Ignota T.1
Trop semblable à l’éclair | Terra Ignota T.1

Trop semblable à l’éclair | Terra Ignota T.1, roman d’Ada Palmer, dans la traduction de Michelle Charrier, Le Bélial’, 2019

Attention SPOIL ! : le deuxième tome a d’ores-et-déjà rejoint la bibli...

2454, sur Terre. Beaucoup de choses se sont passées depuis le 21e siècle. Révolution technique majeure : la voiture volante a enfin fini par arriver, réellement, mettant n’importe quel coin du globe à à peine quelques heures de son antipode. Redéfinition de la mobilité, du territoire, de la notion-même de nation, de ce qu’est une journée... Redéfinition de l’identité : nationalité, origine, sexe, genre, croyances : dans ce contexte, nombre d’étiquettes ont disparu, et par évolutions sociales successives, toute religion a été bannie (pas toute spiritualité attention !), le langage genré a disparu au profit d’une neutralité, le sexe ne revêt une importance qu’en ce qui concerne la sexualité, libérée, sans plus aucun lien avec le positionnement social, et de même l’origine sociale, ethnique, ou l’apparence physique. Les États n’existent plus, au profit d’une organisation mondiale en sept Ruches, chacune porteuse de valeurs et de représentations et de visions différentes, à laquelle chaque personne adulte choisit de s’affilier en fonction de sa propre sensibilité, de ses propres aspirations. Égale importance du métier (qu’on fait pour gagner sa vie) et de la vocation (qu’on fait pour donner un sens), qui peuvent se fondre en une même activité... L’individualité s’exprime alors par l’affiliation à une ruche, la vocation, les centres d’intérêt, les valeurs majeures, la langue plus volontiers utilisée dans la sphère privé, l’originalité naissant de leurs assemblages. C’est un monde bien différent dont on part à la découverte, remettant profondément en question les valeurs et représentations qui sont les nôtres. Souvent enviables mais pas toujours. C’est un futur crédible dans le fait qu’il n’est pas idéalisé, comporte ses améliorations mais aussi ses zones d’ombres, nombreuses. Un récit porté par un narrateur à la psychologie et à l’histoire personnelle... surprenantes que j’ai hâte, malgré tout, de ne pas juger trop vite, où se mêlent intrigues de pouvoir, luttes de castes et individuelles. Les fils se tissent, se ramifient, se resserrent... Et dans tout ça, un jeune garçon montre tous les signes du pouvoir divin dont toute représentation a été bannie car jugée dangereuse pour les sociétés.
En bonus, un remarquable travail de recherche sur l’écriture non genrée, d’autant plus impressionnant j’imagine dans sa traduction française (voir à ce propos Androgynisme ?!).
Donc oui, totalement emballée ! Vivement le deuxième tome [1] !!

 

 

[1la série en comportera quatre en tout

P.-S.

J’ai failli à ma promesse, mais la mise à jour se fait petit à petit... disons que peut-être quelques temps moins l’énergie à me replonger dans ce que j’avais eu plaisir à enfin retrouver et qui manque, une fois de plus...

Première mise en ligne 8 octobre 2020, dernière modification le 1er décembre 2020

LR CC by-nd

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