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Journal | Novembre 2020

 
  • lundi 2,
La grande séduction
La grande séduction

La grande séduction, film de Jean-François Pouliot, 2004

Pour retrouver un peu de son dynamisme, les habitants d’un petit village ilien rivalisent d’inventivité pour encourager un médecin à s’installer, condition sine qua non à l’implantation d’une usine pourvoyeuse d’emploi.
Un film frais, drôle et naïf, honnête et plein d’humanité, pour lequel je ne peux que ressentir de la tendresse. La mise en scène est simple, les personnages touchants et justes, et l’humour potache laisse transparaître les blessures universelles de la vie, avec ce parler québecois cher à mon cœur et les paysages de la Basse-Côte Nord qui invitent au voyage à coups de vapeur d’imagination... tout en abordant des thématiques propres à notre époque et à la situation sociale et économique à laquelle toute communauté villageoise se retrouve aujourd’hui confrontée.
Un combat pour retrouver la dignité sociale. Qui fait cependant émerger un moi une problématique peut-être moins centrale à l’époque de la sortie du film, et encore trop peu présente de nos jours : dignité sociale ne rime pas forcément avec dignité humaine, et cette dichotomie pointe pour moi du doigt un des problèmes majeurs de nos sociétés actuellement, autour de la notion de travail et de ce qu’on y entrelace : utilité sociale, économique, productivité, toussa toussa... Pourtant pas faute de savoir-vivre de la part de nos (anti- ?)héros !

 

 
  • dimanche 9,
Le monde d'Edena
Le monde d’Edena

Le monde d’Edena, bande-dessinée et poème graphique de Mœbius, 5 tomes + 2 hors-série, Casterman, 1983-2001

Entre récit naïf et poème graphique, c’est au rêve créateur de possibles que Mœbius nous invite. Construit au fil de hasards, accidents et images de l’inconscient qui ont choisi de se révéler, vu par son auteur comme une sorte de journal intime, c’est en fin de compte un ensemble homogène, tout un univers développé autour de la simple étincelle de départ qui était, à l’origine, un travail de commande sur quelques planches.
Même si je me suis demandé parfois comment tout cela allait retomber sur ses pattes, il m’a fallu percevoir toute la valeur sous-jacente au-delà du récit de surface vraiment très naïf pour en apprécier au contraire la profondeur. J’aime aussi beaucoup l’air que Moebius laisse dans ses planches, fournissant ainsi au lecteur tout l’espace pour s’y plonger et y exprimer ses propres interprétations. Et un peu d’air en ce moment, c’est pas d’trop.

 

 
  • samedi 14,
Nausicaä de la vallée du vent
Nausicaä de la vallée du vent

Nausicaä de la vallée du vent, film de Hayao Miyazaki, 1984

Nouvelle lecture.
Par les temps qui ne peuvent plus courir, sinon en rond (et pas si rond), ça fait du bien...

 

 
  • dimanche 15,
L'Incal
L’Incal

L’Incal, bande-dessinée d’Alejandro Jodorowsky et Mœbius, 6 tomes, Humanoïdes Associés, 1981-1988

Toujours mentionné comme chef d’œuvre absolu de Jodo et Mœbius... à juste titre ? Savant amalgame de symbolismes religieux, mythologiques et hermétiques mêlant aventure, critique sociale et ésotérisme, nous voici transportés comme témoins des transformations successives de John Difool, personnage médiocre indifférenciable, vers son ascension spirituelle et la réalisation de soi. Univers formidablement inventif, je préfère pourtant les vastes étendues des mondes de Moebius à ces cases trop remplies. J’aime en revanche beaucoup les portées symboliques réunies dans l’Incal et sa représentation, notamment autour de l’union du masculin et du féminin (comme principes) pour la pleine réalisation de soi. Un univers par ailleurs tellement plein et nourri qu’il a justement servi de base à une autre série renommée : la caste des Meta-Barons (voir ci-dessous) (avant l’âge d’or des spin-off).
L’Incal fait partie de ces séries qui ont connu un engouement massif au moment de leur sortie ou dans les quelques années qui ont suivi, avec notamment Le grand pouvoir du Chninkel (Rosinski et Van Hamme, 1988) dont je ne comprends pas réellement les raisons.
Pas un chef d’œuvre au sens où moi je l’entends, mais certainement une œuvre majeure et fondatrice dans l’histoire de la bd.

 

 
  • dimanche 21,
La caste des Meta-Barons
La caste des Meta-Barons

La Caste des Meta-Barons, bande-dessinée d’Alejandro Jodorowsky et Juan Giménez, 8 tomes, Humanoïdes Associés, 1992-2003

J’ai pris un peu d’avance, mais série sûrement finie dans le week-end.
Space opera aux abords un peu creux (un personnage qui a gagné sa force en surmontant ses souffrances physiques et morales, doté d’un implant cybernétique, qui rencontre une femme tout aussi forte, qui donnent naissance à un personnage encore plus fort, qui...), avec de la bagarre, des armes qui font (pourraient faire) pfioupfiou ! et des vilains qui frissonnent à son arrivée, le récit gagne en profondeur à mesure qu’il se construit, et que la lignée prend son ampleur, s’ancre dans l’esprit du lecteur. Filiation, transmission, destin et fatalité, messianisme, héritage, émancipation, vie, mort et donc sens de la vie... Toujours à mon sens de l’ordre du divertissement, mais au moins un peu moins creux qu’au départ. Je trouve le récit par ailleurs très bien rythmé par l’alternance passé / présent, malgré l’humour un peu « tou meutch » autour des robots (pis j’préfère le bio-Capitaine Haddock, dont le registre m’apparaît beaucoup plus poétique ; les goûts et les couleurs...).

 

 
 
 

 
  • en cours...
Bisons des Grandes Plaines
Bisons des Grandes Plaines

Bisons des Grandes Plaines, récit de Dan O’Biren, traduit par Doug Headline, Au Diable Vauvert, 2019

Débuts difficiles... quarantaine de pages aussi... continue à avancer à doses homéopathiques et ne désespère pas.

 

Six feet under
Six feet under

Six feet under, série de Alan Ball, 2001-2005

La vie et les morts de la famille Fisher, propriétaire d’une entreprise de pompes funèbres à Los Angeles, et de leurs proches.
Première saison avalée presque d’un trait. Deuxième. Troisième. Quatrième en cours. Du mal à décrocher, heureuse de voir enfin non seulement tous les épisodes, mais en plus dans l’ordre (n’ayant réussi à en grappiller que quelques uns à l’occasion lors de la diffusion originale). Tout le bien que j’en avais ressenti à l’époque et entendu dire est largement justifié. Excellente série. J’aurais même envie de dire d’utilité publique. Richesse des situations, profondeur des personnages, l’extraordinaire côtoie le quotidien, qui se réfugient à leur tour dans l’intime (de soi aussi bien que de l’autre). Sorte d’expérience augmentée de la vie, que le spectateur explore dans un entre-deux troublant, d’un regard à la fois extérieur et intérieur à cette famille à laquelle on s’attache volontiers, qu’on apprend à connaître et qu’on aime quand même (et de plus en plus !). D’une extrême sensibilité, vise et touche, tombe juste, et non sans drôlerie. Une perle.
To be continued...

 

 

Première mise en ligne 8 novembre 2020, dernière modification le 2 décembre 2020

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