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Journal | Décembre 2020

 
  • samedi 5,
Six feet under
Six feet under

Six feet under, série de Alan Ball, 2001-2005

La vie et les morts de la famille Fisher, propriétaire d’une entreprise de pompes funèbres à Los Angeles, et de leurs proches.
Première saison avalée presque d’un trait. Deuxième. Troisième. Quatrième en cours. Du mal à décrocher, heureuse de voir enfin non seulement tous les épisodes, mais en plus dans l’ordre (n’ayant réussi à en grappiller que quelques uns à l’occasion lors de la diffusion originale). Tout le bien que j’en avais ressenti à l’époque et entendu dire est largement justifié. Excellente série. J’aurais même envie de dire d’utilité publique. Richesse des situations, profondeur des personnages, de leur évolution psychologique, l’extraordinaire côtoie le quotidien, qui se réfugient à leur tour dans l’intime (de soi aussi bien que de l’autre). Sorte d’expérience augmentée de la vie, que le spectateur explore dans un entre-deux troublant, d’un regard à la fois extérieur et intérieur à cette famille à laquelle on s’attache volontiers, qu’on apprend à connaître et qu’on aime quand même (et de plus en plus !). D’une extrême sensibilité, vise et touche, tombe juste, et non sans drôlerie. Une perle.
M’a personnellement fait beaucoup de bien. Presque envie de rempiler un second visionnage dans la foulée. Pas tout de suite, mais certainement très prochainement !

 

 
  • dimanche 6,
Ex Libris — The New York Public Library
Ex Libris — The New York Public Library

Ex Libris — The New York Public Library, film documentaire de Frederick Wiseman, 2017

Depuis longtemps l’envie de découvrir le travail de Frederick Wiseman, célèbre documentariste qui peint le portrait des États-Unis depuis la fin des années 60, principalement par le biais de ses institutions.
Une révélation, à titre personnel, que ce style, ce point de vue, sans commentaire ni voix off, sans bande-son additionnelle, invitant à l’immersion. On est là, à côté de Wiseman (oui, c’est quand même lui qui nous dit où et quoi regarder ^_^ , un documentaire n’est jamais neutre, comme quoi que ce soit sans doute), on découvre, on écoute les échanges qui se font devant nous, les conférences, les réunions auxquelles les petites souris que nous sommes devenues assistons, les pièces du puzzle se mettent en place et l’image se forme petit à petit, nous laissant le temps d’analyser et faire notre « propre » opinion (toujours avec à l’esprit qu’elle se forme à partir de ce que Wiseman a choisi de nous montrer). Franchement j’ai trouvé ça formidable (dans la forme), et intéressant (voire passionnant) sur le fond, tant au premier niveau d’en apprendre un peu plus sur le fonctionnement de la bibliothèque de NY qu’au second, constitutif d’un portrait de cette Amérique du nord à la fois si proche et si lointaine.

 

 
  • mercredi 9, arriver au bout
At Berkeley
At Berkeley

At Berkeley, film documentaire de Frederick Wiseman, 2014

Deuxième pièce du puzzle géant, on a traversé les US vers l’ouest jusqu’à Berkeley et son université renommée, à quelques encablures de San Francisco (avec toute l’ouverture d’esprit qu’on y associe volontiers). Encore de l’air !!! Que c’est bon =D

 

Bone
Bone

Bone, roman graphique de Jeff Smith, Delcourt, traduction de Guy Delcourt, Anne Capuron, Alain Ayroles, 1995-2005, 2015 pour la présente édition intégrale en N&B

Bone, ce sont trois cousins « cartoon » qui débarquent dans une vallée un peu particulière où ses habitants (humains et autres animaux plus ou moins exotiques) doivent faire face à une météo radicale, des rats-garous un peu piteux, des criquets assez flippants, des dragons plutôt placides (ou pas). Les péripéties se déroulent au fil des pages et des révélations, c’est drôle, c’est tendre, ça aborde quelques thèmes d’actualité tout en restant léger (même si j’aurais aimé que ça creuse un peu plus par là, on s’refait pas). Une bonne bulle de rêve, très positive. Et... note à toute personne qui aimerait apprendre à dessiner : recopier Bone, il y a de grandes chances qu’à la fin vous ayez fait d’énormes progrès !! XD Ce n’est sans doute pas par hasard si la série a reçu de nombreux prix, dont quatre Eisner et un à Angoulême... Le dessin de Smith est en effet impressionnant de dynamisme (encore différemment de celui de Tezuka) et de vie, c’est absolument génial !!

 

 
  • samedi 12, on s’détend !
Le Visiteur du Futur
Le Visiteur du Futur

Le Visiteur du Futur saisons 1 & 2, série de François Descraques, 2009-2013

Deux narrations en une : d’un côté, une websérie de sf humoristique très fun, que je ne peux m’empêcher de relier à La jetée (Chris Marker, 1962) / L’armée des 12 singes (Terry Gilliam, 1995) par l’influence dont elle témoigne à maintes reprises, de l’autre le « making of » d’un cheminement qui a lieu sous nos yeux, de la même façon qu’on suivrait (à une autre époque) un garage-band de la première répèt’ jusqu’aux marches de la première scène de la tournée internationale. Du « footage de cuisine » entre potes à la websérie portée par un réseau professionnel, où l’écriture, le jeu, les décors, l’image, le son, la musique, chacun des moindres éléments constitutifs atteint une qualité dite professionnelle. Et rien que ça c’est une aventure !

 

 
  • dimanche 13,
National Gallery
National Gallery

National Gallery, film documentaire de Frederick Wiseman, 2014

Rendez-vous au cœur de Londres cette fois-ci, à la National Gallery, monument muséal, temple « so british » dédié à l’art (principalement la peinture) jusqu’à la fin de la période classique (le Tate Modern prenant la suite londonienne). Visiter, découvrir, apprendre... Encore miam !
Je me demande si j’étais pas un peu en manque moi... mais ça commence à aller mieux (un peu) 0=)

 

 
  • mardi 15,
Only Fod Forgives
Only Fod Forgives

Only God forgives, film de Nicolas Winding Refn, 2013

Aucun doute possible, l’esthétique de Refn, visuelle, sonore, construction des plans et montage, on sent même Neon Demon en approche, c’est assez impressionnant. Mais avant de se concentrer sur la bestialité de l’humanité, Refn nous propose ici de se confronter à Dieu (pardonne-y-il tant que ça ?) — Juste parmi les justes ? ou grand justicier ? — à sa propre culpabilité. Une étude sur l’origine de la violence, qui viendrait d’un désir de retourner à la mère, une façon d’apprendre à gérer la frustration ?? Pour les curieux d’une forme étudiée et d’un fonds que les uns diront philosophiquement très profond, les autres capillotracté... Pas mon préféré mais j’ai bien aimé (mais peut-être plus comme témoignage de l’évolution du travail de Refn que pour l’objet lui-même).

 

 
  • mercredi 16,
La forêt de Mogari
La forêt de Mogari

La forêt de Mogari, film de Naomi Kawase, 2007

Mouiaaaaais...
Film japonais à (très) petit budget, j’apprécie sa poésie, quelques images, filmées ou suggérées, mais le style à la frontière du documentaire pour une telle œuvre de fiction m’insupporte. Contente de l’expérience, mais arrière-goût plus que mitigé.

 

Sanjuro
Sanjuro

Sanjuro, film d’Akira Kurosawa, 1962

Suite de Yojimbo (Le garde du corps), burlesque et tendre, finesse. J’ai tout de même eu plus de mal à accrocher, moins de plaisir qu’avec le premier opus.
On est beaucoup plus ici dans la farce, qui même sans être grossière, n’atteint pas le juste équilibre de distance et de malice qui m’avait tant plus dans Yojimbo. Excellent moment tout de même !

 

 
  • jeudi 17,
Fahrenheit 9/11
Fahrenheit 9/11

Fahrenheit 9/11, film de Michael Moore, 2004

Brûlot (haha) sur les origines potentielles des attentats du 11 septembre 2001, en remontant la filière des amitiés financières et pétrolières des familles Bush et Ben Laden, élections américaines et gestion des dossiers, guerres en Irak et en Afghanistan, les arguments choc se succèdent, très certainement après un gros travail d’enquête, à faire tenir en 2h... démonstration du cynisme d’une certaine idée de l’impérialisme occidental, mais formellement, tellement racoleur pour ne pas dire putassier, tendant à considérer son public comme le dernier des idiots (ou alors c’est très méta), condescendant et tagada pouet, qui finit — c’est bien dommage — à me faire douter de la qualité du travail d’investigation à force de vouloir me servir de prêt-à-penser. Bien que j’aie appris beaucoup de choses, je finis par douter de l’information donnée, plutôt contre-productif donc a priori (car douter de l’intégrité de Bush, ça avait dû m’arriver déjà auparavant, au moins à une ou deux reprises...). On est vraiment pas dans la même catégorie que Wiseman (et même tout l’opposé), et ça me fait encore plus apprécier Wiseman.

 

 
  • vendredi 18,
Fin
Fin

Fin Titre français : The end, film de Jorge Torregrossa, 2012

Film primé au festival du film fantastique de Gerardmer. Pas exempt de maladresses, il pose cependant une atmosphère de plus en plus pesante autour du mystère assez bien amené, même s’il s’évente bien vite, et nous propose une conclusion pleine de bon sens... Expérience sympathique, je suis contente d’avoir découvert ce film (merci à la personne qui me l’a conseillé), il souffre malheureusement de ses défauts de jeunesse pour tristement sombrer dans l’oubli bien trop vite...

 

 
  • samedi 26,
Frederick Wiseman, à l'écoute
Frederick Wiseman, à l’écoute

Frederick Wiseman, à l’écoute, entretien de Laura Fredducci, Quentin Mével et Séverine Rocaboy avec Frederick Wiseman, Playlist Society, 2017

Monomaniaque ?! Moi ?!!!?
Je me méfiais un peu de ce que j’allais trouver, ayant un a priori pas forcément très positif sur la maison d’édition nommée « Playlist Society », j’avoue... A priori tout à fait injustifié ! Je me suis retrouvée avec entre les mains un recueil de courts entretiens fort instructif, abordant en peu de pages l’essentiel de la démarche du cinéaste, sans rentrer dans une étude universitaire non plus bien sûr, mais suffisamment synthétique pour lancer la réflexion. Particulièrement contente de ma lecture donc, et de découvrir cet éditeur, qui propose une belle collection d’autres textes autour des faiseurs de cinéma (et séries).

 

Aspen
Aspen

Aspen, film documentaire de Frederick Wiseman, 1991

Bon, malgré l’engouement tout récent, Aspen ne sera pas mon préféré... Vue assez globale sur la vie à Aspen, station de sports d’hiver huppée des États-Unis, où les riches artistes, les riches gourous, les riches hommes d’affaires et leurs épouses (ou maîtresses) et moins riches travailleurs invisibles locaux se côtoient dans le paysage très « Golden Boys » des années Dallas à grosses Ray-Ban noires, épaulettes, Porsche et Ferrari (avec pneus neige hein). Pas sans intérêt historique (eh oui...) ou social, mais manquant, à mon sens, cruellement de rythme — en tout cas le rythme du film et le mien au moment du visionnage n’ont pas réussi à se synchroniser — faute peut-être à un sujet trop large... ? À moins qu’il trouve une résonance particulière dans les autres opus concentrés sur une ville (Monrovia, Indiana ou Belfast, Maine) ?
Me suis ennuyée ferme, mais n’a entaché en rien ma nouvelle obsession pour Wiseman... ^_^

 

 
  • lundi 28,
L'étrange histoire de Benjamin Button
L’étrange histoire de Benjamin Button

L’étrange histoire de Benjamin Button, film de David Fincher, 2008

Oui, ça fait dix ans que j’en entends parler, régulièrement par les amis, et non, je ne l’avais toujours pas vu... Fait ! Belle découverte, chouette moment, le fantastique comme je l’aime, quand il propose une situation invitant à ressentir des questionnements existentiels individuels ou partagés, et y réfléchir... Très sympa !

 

Dragon Rouge
Dragon Rouge

Dragon Rouge, film de Brett Ratner, 2002

Oui. Bon. Un navet de temps en temps ça peut pas faire de mal... Faut pas qu’y en ait trop c’est tout... Pis c’est même pas un vrai nanard, juste insipide. Anthony Hopkins me fascine assez pour sa capacité à mettre son talent au service de tels films. Peut-être ces expériences sont-elles amusantes (ou alors a-t-il beaucoup de charges...) ?
 

 

 
  • mardi 29,
Snoopy & les Peanuts <small>(Intégrale T.4)</small>
Snoopy & les Peanuts (Intégrale T.4)

Snoopy & les Peanuts (Intégrale T.4 — 1957-1958), chef d’œuvre de Charles M. Schulz, Dargaud, 2017 pour la présente édition

Un des édifices fondateurs de la bande-dessinée (au moins US et européenne), sinon de toute une culture... alors même qu’à force de reprises par le merchandising, Snoopy et ses amis font partie du paysage commun sans qu’on en ai même lu une ligne (c’était jusqu’ici mon cas, je le reconnais), étrange époque. 1957-1958, huitième année à raison d’un strip quotidien, le dessin et les personnage commencent à se fixer, le récit, à se déployer... incubation et naissance d’un parent de Calvin & Hobbes, Mutts, et quelques autres... une perle

 

 
  • mercredi 30,
Fables <small>T.1</small>
Fables T.1
Fables <small>T.2</small>
Fables T.2
Fables <small>T.3</small>
Fables T.3
Fables <small>T.4</small>
Fables T.4

Fables T.1 à T.4, comic book de Bill Willingham, Mark Buckingham, Sturges Matthew au scénario, Mark Buckingham, Vess Charles, Medina Lan, Leialoha Steve, Hamilton Craig, Akins Tony, Braun Russel au dessin, Urban Comics, 2004-2016 pour la présente édition

Là encore, j’en entends parler depuis plus de dix ans (et uniquement en bien !)... l’occasion faisant que, je m’y mets enfin. Et très honnêtement, assez déçue au début, c’est le problème quand on attend des années pour découvrir une œuvre très bien cotée : l’attente est peut-être un peu trop élevée ? Quoi qu’il en soit, j’ai vraiment eu du mal à accrocher au début, me demandant ce qui avait valu tant de propos positifs. Pa’ce que bon, à part le postulat de départ, auquel il fallait penser (les personnages des fables se retrouvent dans notre monde, à devoir vivre parmi nous — les pauvres — poussés à l’exil après la conquête de leurs territoires par un affreux-pabô qu’on ne nomme pas), certes, mais qui ne révolutionne pas non plus le récit de fiction, bahhhh... j’ai pas trouvé grand chose quoi. C’est divertissant, mais bon, les grosses ficelles, toussaaa... Au point que j’ai sérieusement pensé à passer à autre chose. Et puis au cours du quatrième tome, quelque chose démarre (il était temps), si bien que j’envisage d’emprunter les quatre tomes suivants, histoire de. Ces avis positifs doivent bien être justifiés que diable ! =)

 

 
  • jeudi 31,
La vie est belle <small>It's a wonderful life</small>
La vie est belle It’s a wonderful life

La vie est belle It’s a wonderful life, film de Frank Capra, 1946

La période de Noël et les vacances sont peut-être propices au rattrapage. Tout simplement... Depuis combien de temps ce film était-il sous mon nez ?
Eh bien voilà, il suffisait d’une heure et demie, et d’un contexte tout à fait favorable... Et dire que je ne m’attendais même pas à un conte de Noël !
Alors oui, ce film dégouline de bons sentiments, et non, il n’est pas exempt de défauts et la script-girl ou le script-boy a vraisemblablement dû s’absenter de temps à autres... mais qu’y a-t-il de mal aux bons sentiments ? surtout lorsqu’on parle d’amour, de bonté, de justice et de justesse dans un monde qui l’est peut-être, à de trop rares occasions, grâce à des pourvoyeurs de bons sentiments sans doute (et puis quand on regarde de — très — près, 2001 non plus n’est pas exempt de défauts, et pourtant... !!! — CQFD — Objectivité est en vacances, oui, encore). Il m’est arrivée de sortir du rêve par moments, un peu étouffée il est vrai, puis ce je ne sais quoi à la fin, qui envoie mon jugement critique dans les 22 mètres, et qui fait poindre quelques larmes...
Oui, c’est too much, sans doute, mais c’est aussi un très beau film qui mérite à mon sens sa réputation, et bien que je ne le classe pas pour autant dans mon « top », je suis bien contente de l’avoir enfin découvert.

 

Full Metal Jacket
Full Metal Jacket

Full Metal Jacket, film de Stanley Kubrick, 1987

Je vous ai déjà dit que j’aimais bien Kubrick ? je sais plus...
 
Quoi de mieux pour finir l’année qu’une ode à l’amour ?
Ha bah Full Metal Jacket c’est bien aussi ^_^’
Comme quoi la dualité...
Plus sérieusement, pour ceux qui ne connaissent pas (encore), l’institution militaire états-unienne et l’impérialisme par le témoignage d’une jeunesse coupée en deux : d’un côté l’inclination pacifiste qui aimerait bien profiter encore de quelques belles années, de l’autre l’instinct meurtrier, born to kill, savamment encouragé par une préparation abrutissement première classe, semble-t-il largement inspirée d’un documentaire, Basic training, 1971, d’un certain Frederick Wiseman (désolée). Toute l’horreur du Viêt Nam filmée sur les bords de la Tamise avec un réalisme confondant (la Lune c’est trop fastoche !), et toujours cette problématique centrale chez Kubrick de la co-existence de la raison et des passions (ou plutôt ici pulsions). Avec en prime, peut-être, la sensation d’un projet longtemps mûri (son tout premier film traite d’une guerre imaginaire où ces deux éléments se reflètent déjà en face à face, les acteurs jouant leurs rôles dans chacun des deux camps — maladroit certes, mais tout de même très intéressant à regarder) et enfin abouti. Les festins de fin d’année sont-ils obligés de ne passer que par l’assiette ?!!

 

Première mise en ligne 14 décembre 2020, dernière modification le 7 février 2021

LR CC by-nd

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