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Journal | Mai 2019

 
  • mercredi 1er, muguet blanc, jungle verte et film noir !
Tikal
Tikal

Tikal, jeu de Kramer & Kiesling, illustrations de Paul Mafayon et Christophe Swal, Super Meeple, 2016 (original sorti en 1999)

Depuis le temps que je veux intégrer les jeux dans mes petites chroniques, voici enfin chose faite (et ce n’est qu’un début !). Parce que oui, pour moi et pour d’ailleurs beaucoup d’autres que moi, le jeu, en plus d’être un agréable vecteur de rencontre et de vivre ensemble, fait bel et bien partie de la sphère culturelle, qu’il s’agisse du jeu de société (dit moderne, car oui ! il y a une vie après le monopotruc) ou du jeu vidéo. Je ne vous parlerais cependant que très peu du jeu vidéo ici, n’y jouant pas ou très rarement (alors que j’aimerais beaucoup, mais quelqu’un a essayé un jour de m’expliquer que les journées ne faisaient que 24 heures, et en plus j’ai eu les pouces traumatisés toute petite par une manette bien trop rectangulaire avec laquelle il fallait faire des acrobaties bien au-delà de mes possibilités pour attraper des pièces dans des zones bizarres fréquentées par des champi tout aussi étranges et des plantes peu fréquentables ;) par bonheur, il y a aussi eu, plus tard, quelques jeux de kart, les Chevaliers de Baphomet, Beyond good and Evil...). Faudrait quand même que j’essaye The Stanley Parabole, Life is strange et quelques autres perles à l’occasion.

Enfin revenons à nos moutons !! Tikal, avec ses bouts de carton et ses étages de temple en résine, va vous envoyer en pleine jungle du Guatemala avec une équipe d’explorateurs gonflée à bloc. Les mécaniques sont fluides et très agréables, le jeu est abordable et intéressant pour tous types de joueurs, je le trouve particulièrement immersif et amusant, puis il est beau (à noter que Super Meeple signe un superbe boulot d’édition qui est chez eux devenu une habitude) ! À mettre entre toutes les mains, de 2 à 4 personnes, pour à peu près une heure d’expédition. Excellent.

 

Assurance sur la mort
Assurance sur la mort

Assurance sur la mort (Double Indemnity), film de Billy Wilder, 1944

Troisième film de Billy Wilder, un des premiers « films noirs » dont il pose ici quelques bases narratives encore inédites. Pas un grand film à mon sens (sinon pour l’histoire du cinéma tout de même), mais un petit plaisir de cinéphile.

Pour creuser

 

 
  • lundi 6, ciné
Les oiseaux de passage
Les oiseaux de passage

Les oiseaux de passage, film de Ciro Guerra et Cristina Gallego, 2019

Années 70, Colombie, ou comment promouvoir les produits locaux (d’herboristerie) tout en développant un petit commerce assez florissant pour réunir la dot destinée à la famille de la bien-aimée, entre culture indigène versée dans le chamanisme et guerre idéologique. On fait ce qu’on peut ma bonne dam’ ¡ Vivo el capitalismo ! Il est possible qu’avec le temps les choses aient un peu dérapé, mais ça je vous le laisse découvrir =)

À la fois rouge et violent, autant physiquement que psychologiquement, ce film est pourtant très poétique. Les esprits rodent longtemps après, et les oiseaux ne sont que de passage dans ce désert aride dont la plus grande richesse est finalement sur deux pattes et ne fait que passer, tout comme nous.
Il manque juste un petit je ne sais quoi (une vision trop distanciée ? je n’arrive pas à identifier exactement...) qui me fait modérer mon propos. Cependant un très bon film.

 

 
  • vendredi 10, théâtre
il Falso Magnifico
il Falso Magnifico

il Falso Magnifico, pièce de Carlo Boso par La Douzième Compagnie, 2018

À part un très lointain souvenir d’un superficiel survol lors d’un cours au collège et ses liaisons avec le théâtre de Molière, je ne connaissais pas la Commedia dell’Arte... Et j’avoue au début, pas facile d’y rentrer. Mais en se laissant faire, sans trop d’effort, j’ai trouvé ça formellement très intéressant. Une bonne pantalonnade comme on dit. Pour cause, j’y comprends l’origine-même du terme, lié au personnage central, Pantalone. On a l’impression de partir sur du grossier, et on arrive finalement à quelque chose de beaucoup plus profond, tant sur le mode d’expression théâtral lui-même que par son rôle social et politique. Tout en offrant la catharsis de rire aux dépends du pouvoir. Je ne deviendrai pas une grande fanatique, mais sincèrement, grand merci à qui de droit pour cette heureuse découverte =)

 

 
  • dimanche 12, série, BD et ciné !
Stranger things
Stranger things

Stranger Things, série de Matt Duffer et Ross Duffer, 2016, deux saisons produites

Là encore, je ne dirai jamais assez de bien des échanges et conseils qu’on peut avoir lors de discussions entre copains et entre amis, à la cool autour d’une bière artisanale...
« Tu verras, y’a une super ambiance années 80, entre E.T. et Stephen King avec un truc à la X-Files dedans, c’est très sympa ». Et en effet, j’ai pas de meilleure description... L’ambiance est vraiment bien rendue et la madeleine a un bon petit goût sucré. C’est très agréable à suivre, je me suis assez vite attachée aux personnages même si je trouve que l’histoire peine un peu à démarrer (première saison écrite à la truelle, mais ça s’arrange progressivement pour devenir de très bonne facture sur la deuxième). Les atmosphères sont immersives, c’est rythmé, la musique est loin d’être dégueu alors... Ben vivement la troisième saison (qui devrait arriver cet été) !

 

Zaï zaï zaï zaï
Zaï zaï zaï zaï

Zaï zaï zaï zaï, road-movie de Fabcaro, Éditions Six pieds sous terre, 2015

Fable surréaliste (enfin, on s’aperçoit vite que pas tant que ça...) et très drôle (enfin, on s’aperçoit vite que pas tant que ça...) qui tape sur les travers de notre temps. Consumérisme, déshumanisation, stigmatisation et rôle des médias de masse (joyeusement soutenu par l’intelligence individuelle et collective) dans l’élaboration générale des mentalités. Fabcaro a une vision de l’État et de l’individu qui vaut le détour, et que je trouve, au-delà de la farce, très pertinente. Si seulement y’avait que du karaoké en jeu.
« Les juges et les loa-a-a...a-a-a... ça m’fait pas peur ! »...

 

Ray & Liz
Ray & Liz

Ray &Liz, film de Richard Billingham, 2019

 ???????
Au fond du trou et creuse encore.
Avais-je envie de baigner dans cette atmosphère. Quel intérêt au propos ?
Je n’ai pas aimé du tout.
Pourtant, après avoir laissé un peu reposer, je reconnais la qualité du travail sur les ambiances, les atmosphères, les sentiments et l’arrière-goût qui reste finalement en bouche. Mais ça ne sauve pas le film à mes yeux.

 

 
  • lundi 13, ciné
L'Or des Mac Crimmon
L’Or des Mac Crimmon

L’Or des Mac Crimmon, film documentaire de Gérard Alle, 2019

Gérard Alle fait des docs (entre autres) avec une patte particulière et un regard humain et plein de malice que j’aime beaucoup. Après un poétique Lapin Bleu, nous partons aujourd’hui en quête des origines de la cornemuse, et du pibroc’h (Pìobaireachd), de la Bretagne au nord de l’Écosse, Skye, aux sons duquel nous remontons autant la grande que les plus modestes et personnelles histoire(s), accompagnés par Patrick Molard, jusqu’au clan McLeod. En effet, l’éternité n’est pas si loin =). Doc aussi intéressant je pense pour les néophytes comme moi que pour les plus spécialistes des musiques trad, celtiques et de la musique en général, les paysages et rencontres ne gâchent rien. Chouette moment.

 

 
  • mardi 14, ciné
The dead don't die
The dead don’t die

The dead don’t die, film de Jim Jarmusch, 2019

J’ai trouvé absolument génial. Hilarant et, on s’en doutait, pas dénué de sens, ni, ce qui semblait moins évident, de poésie. Entre Paterson et Peterson (nom du personnage joué ici aussi par Adam Driver), pas tant de différences finalement...
En revanche, d’après les retours partagés, il semblerait que le film plaise aux spectateurs n’aimant pas spécialement les films de zombies, et beaucoup moins aux amateurs. Peut-être un problème d’appropriation des codes ?

 

 
  • dimanche 19, encore gris et venteux
To live and die in L.A.
To live and die in L.A.

To live and die in L.A.(Police fédérale Los Angeles), film de William Friedkin, 1985

Troisième film du cycle Los Angeles : tous les agents secrets ne s’appellent pas James Bond, ou la spirale auto-destructrice de mecs normaux (pour ne pas dire losers) qui prennent des airs de gros durs à traîner dans les eaux troubles à ne plus trop savoir de quel côté ils se situent. Nous, on ne sait plus à quel crépuscule se vouer sous le soleil rouge de L.A., dans les bas-fonds où se noient les artistes insatisfaits, anges déchus faux-monnayeurs et vrais fossoyeurs ; on est en 85 et vos mirettes et vos esgourdes en seront saturées. Pantalons moule-paquet, vestes à épaulettes, néons criards et couleurs saturées (il n’y a qu’entre 80 et 85 qu’on savait unir aussi bien le rouge fraise et le vert citron (ça change du noir quoi !)), la bande originale n’est pas en reste, et jusqu’à la typo bien typée.

Pour aller plus loin (vers l’ouest)

 

The Big Bang Theory
The Big Bang Theory

The Big Bang Theory, série de Chuck Lorre et Bill Prady, 2007-2019, 12 saisons

Petit plaisir coupable (il en faut !!!) après avoir pourtant mis du temps à m’y mettre, j’avais fini par m’attacher à ces personnages qu’on suit au fil des années comme de bons potes qui grandissent et vieillissent (aussi, si, un peu) avec nous. Il était cependant temps que la série se termine avant de s’essouffler totalement, histoire de rester sur une image sympathique. La boucle est bouclée, et que d’évolutions (dans une relative continuité) ! la série continue à bien porter son nom. Et ça n’empêchera pas d’y revenir à l’occasion ;)

 

 
  • mercredi 22, tiens, en parlant de série qui se termine...
Game of Thrones
Game of Thrones

Game of Thrones, série de David Benioff et D.B. Weiss, 2011-2019, 8 saisons

Ben oui, comme (presque) tout le monde...
Côté série donc, j’ai globalement beaucoup aimé, mais si trouvé très poussif vers la fin (?) [1].
Superbe coup marketing de George R.R. Martin, qui va probablement vendre quelques tomes 6 et 7 de plus ! ^_^

 

 
  • jeudi 23, ciné
90's
90’s

90’s, film de Jonah Hill, 2019

Chouette film, sympa, où l’on suit un gosse (ado pardon) pas très heureux à la maison qui cherche à intégrer un groupe de skateurs cools. Baggy, Lakers, première murge et émancipation, les premiers choix personnels (et forcément contraires à ceux de maman) comme rite initiatique en plein décor Californien des 90’s. Les relents autobiographiques se mélangent aux souvenirs qu’on retrouve tendrement. Apprécié, mais pas non plus inoubliable, pourtant j’aurais bien aimé =)

 

 
  • mardi 28, concert !
Ensemble Matheus
Ensemble Matheus

Glory to God, ou « Baroque, Gospel, Brexit and Cie »

Un programme éclectique et énergique (et énergisant !), à l’image de Jean-Christophe Spinosi et son Ensemble Matheus, composé assez classiquement de huit violons, un alto, deux cellos, une contrebasse, mais aussi d’une batterie, deux claviers plus guitare et basse, auxquels se lient deux chœurs face à face qui se renvoient la balle à la manière des plus beaux matches d’exhibition. Entre Haydn, Purcell & friends et les standards de jazz, rock, pop, The Beatles, Queen ou autres en passant par le Gospel, les passerelles sont lancées et nous montrent à quel point la musique est un flux continu qui berce nos oreilles, notre culture et nourrit nos âmes, quelle que soit l’époque. Au passage, à cette lumière, c’est une expérience assez drôle que d’écouter une composition baroque comme s’il s’agissait d’un opéra rock ^_^ Aucune note n’est changée, uniquement une histoire d’orchestration, d’interprétation, d’état d’esprit de l’écoutant aussi... Sur scène les artistes s’éclatent, le public aussi, il était juste dommage à mon sens de placer une telle prestation dans une salle à l’acoustique décevante, mais dont la jauge est supérieure de 30% à celle du lieu « habituel ». Était-ce là le prix à payer pour l’accessibilité ? En tous cas, si l’occasion d’assister à un concert de Matheux se présente à vous, courez-y !!!

 

 
  • jeudi 30, film sur canapé
Albator, corsaire de l'espace
Albator, corsaire de l’espace

Albator, corsaire de l’espace, film de Shinji Aramaki, 2013

Moins pire que ce à quoi je m’attendais, pas non plus exceptionnel... Le message global est louable, on évite (fort heureusement) l’écueil scénaristique le plus scabreux, mais ça reste un peu laborieux tout de même... En revanche, ça me donne sacrément envie de replonger dans l’univers !

 

[1L’épilogue prend tout de même des airs de pilote, non ?!?

Première mise en ligne 3 mai 2019, dernière modification le 2 juin 2019

LR CC by-nd

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