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Journal | Septembre 2019

... en voyage toujours, ce qui n’empêche pas de découvrir quelques expos, et de les partager, au cas où, un jour, sait-on jamais... Quant aux expos temporaires, il leur arrive à elles aussi de voyager !

 

 
  • jeudi 5, « le fond de l’air est frais ! », © Fred ;-)
IceHotel
IceHotel

IceHotel, hôtel et exposition à cycle annuel, Jukkasjärvi, Suède

Passant à proximité, j’ai voulu faire ma curieuse, demander s’il était possible de jeter un coup d’œil, et me suis rendue compte, ô surprise, que la visite pour les curieux avait été institutionnalisée... Car l’IceHotel, ce n’est pas uniquement un hôtel atypique complètement fait de glace où chaque chambre propose une décoration différente, mais aussi (surtout ?) une galerie d’art présentant chaque chambre comme un espace de création unique de sculptures éphémères (dans un immense congélateur). En fin de saison (la photo présentée ici provient de leur page facebook, WiP le 2 octobre 2019 (oui, j’écris un peu à la bourre) pour une nouvelle saison), quelques sculptures commençaient à montrer des signes de fatigue à être exposées depuis trop longtemps à des variations de températures malgré toutes les précautions techniques permises par les infrastructures. En pratique, un hall assez grand, avec bar et lounges, puis un très long couloir de part et d’autre duquel les chambres sont ouvertes (jusqu’à un cordon souvent trop présent ou trop précoce à mon goût) aux visiteurs. La galerie de photos présentée sur leur site avec éclairage, mise en scène et sans ce *** de cordon est de bien meilleure qualité que ce que j’ai pu essayer de prendre dans une semi-pénombre, je vous laisse donc y faire un tour si ça vous dit (lien sur l’image). Chambres qui par ailleurs ne sont que très peu réservées pour des séjours de dormeurs, sinon au détour d’une partie de nuit (d’autres chambres plus conventionnelles, chaudes et confortables sont installées un peu plus loin dans le complexe). Machine à cash à n’en pas douter, l’expérience de la visite est tout de même assez surprenante, les créations sont parfois très impressionnantes, tout en transparences, labyrinthiques ou poétiques...

 

 
  • vendredi 6, découverte de la Laponie
Naturum Laponia
Naturum Laponia

Naturum Laponia, centre de découverte de la Laponie, Parc National de Stora Sjöfallet, Suède

Après un couloir de bitume de 90 km jusqu’à l’entrée du Parc National de Stora Sjöfallet, lové entre un lac gelé la moitié de l’année et des sommets à l’allure dépouillée, vous trouverez une construction cylindrique en bois, d’aspect à la fois très moderne et totalement intégrée à son environnement, fluide, chaleureuse et accueillante, où vous pourrez vous initier à la vie quotidienne sur ces terres sámes. L’exposition, très agréable, reste cependant assez superficielle, mais je pense que ce n’est pas tant ces informations que les rencontres et activités que l’on peut y faire qui valent le détour, qu’il faut prendre le temps d’y flâner une journée, pour être à l’écoute, découvrir et expérimenter. Ressentir. Je suis arrivée pour ma part trop peu avant la fermeture pour ça, mais les espaces naturels voisins sont tellement attirants que ce n’est que partie remise...
Si vous êtes anglophones, n’hésitez pas à aller faire un tour sur le site internet (lien sur l’image), qui offre plein de pistes d’exploration et des vidéos (chaîne YouTube) et entretiens (malheureusement non traduits / sous-titrés, mais les images et les regards parlent parfois d’eux-mêmes).
Très belle découverte à approfondir.

 

 
  • samedi 7, découverte de la culture Sáme
Ájjte Museum, Sámi Centre
Ájjte Museum, Sámi Centre

Ájtte Museum, Sami Centre, centre de découverte de la culture Same, Jokkmokk, Suède

Au cœur de la paisible cité de Jokkmokk, sorte de capitale de la culture Sáme, le musée, beaucoup plus vieillot que le Naturum vu la veille, mais aussi beaucoup plus grand, propose différentes expositions abordant les thèmes de la préservation de l’écosystème (et montre déjà l’étendue des dégâts), de l’évolution du mode de vie same à travers les siècles, l’habitat et la vie quotidienne, l’élevage et la chasse, les costumes traditionnels selon les différents groupes et régions, l’artisanat (travail du bois, du cuir et l’art du tissage). Malheureusement, la plupart des expositions aussi est datée (mon pifomètre me dit années 90), certaines même pas traduites en anglais, ce qui en limite grandement l’accès. Quant à la boutique, on y trouve le plus pur artisanat made in China... si ça peut traduire un peu l’atmosphère que j’y ai ressentie. Même si bien sûr quelques éléments sont fort intéressants, je me dis que s’il fallait choisir, autant passer plus de temps au Naturum.... L’espace abrite aussi un centre de conférences, peut-être certains programmes méritent-ils de s’y attarder ?
À noter que Jokkmokk reste cependant un haut lieu de la culture Sáme, centre névralgique réputé pour le marché hivernal, en février.

 

 
  • dimanche 15, le plein de culture !
Sundsvall Kulturmagasinet
Sundsvall Kulturmagasinet

Sundsvall Kulturmagasinet, bibliothèque, musée et espace d’expositions, Sundsvall, Suède

Voulant profiter de mon passage à Sundsvall pour une petite pause, je suis les recommandations du Lonely Planet qui me mènent au Kultur Magasinet, grand bâtiment 19e superbement rénové et modernisé, dont rien que l’architecture vaut déjà la visite et qui abrite dans une de ses ailes la bibliothèque (et les bibliothèques en Suède semblent avoir une importance considérable dans la vie locale, idée finalement assez logique et qui me réjouit), grande, lumineuse et très agréable, et dans l’autre un musée proposant plusieurs expositions.

Au programme, une grande rétrospective du travail photographique de Paul Hansen, « Being There », reprenant des clichés à la fois superbes et atroces pris au fil des conflits des trois dernières décennies : guerre froide, Ukraine, Printemps Arabe, Congo , Haïti, Israël et Palestine, Afghanistan... Entre violence, espoir et mort. Une morbidité choquante. Le problème c’est que ce ne sont pas les marionnettistes de tels événements que cela choque, mais c’est une autre question. Un travail à la fois journalistique et artistique où il est impossible que le regard reste neutre. Témoignage. Impact. Pour que l’information de l’horreur ne soit pas étouffée.
Si cela vous intéresse, un livre existe, en anglais. Après quelques recherches je m’aperçoit qu’il vaut mieux l’acheter directement en Suède qu’en France, où le prix double allègrement, ça laisse un peu de marge pour les frais d’expédition... (j’ai fait une bonne affaire ce jour-là !!!)

Pour aller plus loin

Dans les étages ensuite, différentes expositions permettant de découvrir :

  • le travail original et engagé (sans trop se prendre au sérieux) de Catti Brandelius, artiste multiforme à retrouver sur son site officiel (en anglais)
  • la vie à Sunsvall au 19e et début du 20e siècles,
  • l’évolution de la ville depuis le 19e,
  • l’histoire et l’évolution de l’empire germanique au travers d’expos archéologiques bien foutues, où les enfants peuvent toucher, imaginer, se projeter,
  • les animaux sauvages de la région (y vivant toujours ou non), outils pour apprendre à les reconnaître (spécimen empaillés, à moins qu’il s’agisse de reproductions synthétiques, si au moins cet exemplaire-là sert à sensibiliser...), leurs empreintes, déjections, apprendre à connaître leurs lieux et modes de vie, de l’ours à l’écureuil en passant par la belette, l’hermine, la loutre, le loup, le lynx, le lemming... quelques oiseaux et insectes, dans une présentation là encore sans doute plus immersive que mes ennuyeux souvenirs de cours de sciences nat’,
  • l’évolution de la vie quotidienne et des métiers avec le développement de l’industrialisation et de la marchandisation aux 19e et 20e siècles,
  • une petite exposition de peintures, où le visiteur est invité à se coller à l’exercice...

Au final une visite éclectique très intéressante, partant dans tous les sens... J’aime !

 

 
  • mardi 17, erreur de casting
Carl Larsson Gården
Carl Larsson Gården

Carl Larsson Gården, la maison de Carl et Karin Larsson, Sundborn, Suède

C’est comme pour le Kulturmagasinet une mention dans le guide qui m’a valu cette visite du peintre Carl Larsson. Une maison pas comme les autres en effet. Je l’ai rapprochée de ce qu’a fait Hugo dans sa maison de Hauteville House, à l’empreinte qu’il a laissée, transformant un lieu de vie, de travail et de création en objet-même d’une création exubérante et magnifique. Dans un autre style. Larsson n’est pas Hugo, et inversement, et il est justement particulièrement intéressant d’aborder la découverte d’une personne, en l’occurrence d’un couple de créateurs, d’une famille, de leur aura et de leur sensibilité (pleine d’humour, de légèreté et de fraîcheur, comme dans les tableaux que j’ai découverts depuis) par ce biais.
Je n’irai pas par quatre chemins, la façon dont le commerce de la visite est fait n’est pas loin de relever de l’arnaque (visite uniquement guidée façon bétaillère qui tient de la prestation automatique tellement le texte a déjà été récité, chronométrée, et où l’on informe de l’interdiction de photographier seulement une fois le billet payé (à 195 SEK par personne (environ 20€) les 3/4 d’heure de visite, j’espère qu’au moins les guides sont bien rémunérées). Mais par ailleurs, je ne connaissais pas du tout Carl Larsson, artiste comme personnage, et en ai apprécié la découverte, que je tâcherai d’approfondir à l’occasion...

Pour aller plus loin (encore)

 

 
  • vendredi 20, marathon à Stockholm
Nobel Prize Museum
Nobel Prize Museum

Nobel Prize Museum, Stockholm, Suède

Stockholm, dans de nombreux esprit (en tous cas dans le mien), est associée à Alfred Nobel et son prix, et surtout le symbole qu’il représente dans une forme de pensée humaniste (non, je ne parle pas de la dynamite, on ne trolle pas merci ;-)). La visite de son musée augure, dans mon esprit toujours, une réflexion sur l’avancée des sociétés humaines (de culture occidentale, certes), sur la créativité dans les sciences et les arts, et toute sorte d’autres choses de cet ordre-là...
Circulez y’a rien à voir !
Pas d’bol, l’expo temporaire du musée était en construction (ou déconstruction), et l’expo permanente pourrait se résumer à un catalogue des lauréats par décennie et discipline assez incomplet (de nombreuses fiches présentent des biographies incomplètes voire inexistantes, je ne parle même pas de la présentation des travaux qui leur ont valu de se voir décerner le fameux prix), une galerie d’objets ayant appartenu à quelques lauréats relevant plutôt à mon sens du gadget anecdotique, une sorte de mausolée dédié à Alfred Nobel lui-même, et quelques vidéos ou enregistrements, trop courts et superficiels pour être vraiment signifiants (toujours à mon sens hein !)... Bref, pas appris grand chose. Des actiivtés intéressantes pour les petits dans une (petite) salle qui leur est dédiée... Peut-être que les expo temporaires valent cependant d’y consacrer un peu de temps, ça je l’ignore.

 

Fotografiska Stockholm
Fotografiska Stockholm

Fotografiska, Stockholm, Suède

Là encore ne sachant à quoi m’attendre en me rendant à ce qui semblait être une grosse galerie photo sans plus (toujours d’après le sus-nommé guide), c’est une belle surprise que j’ai pu découvrir, et franchement, un gros gros coup de cœur.
Car Fotografiska n’est pas une grosse galerie photo. Ni peut-être un musée bien qu’il en porte le nom. Ce que j’ai découvert à Fotografiska, c’est un temple, lieu de vie, de partage et d’apprentissage, où sont exposés les plus grands noms de la photographie contemporaine mais aussi des artistes plus confidentiels (pour moi en tous cas, et pour l’instant), un lieu de recherches aussi, et de rencontres, sous de multiples aspects.
Et pour ce baptême, j’ai été plutôt vernie par la programmation...
Au menu, Jimmy Nelson, Sebastião Salgado, Saga Wendotte, Christian Houge... ça vaut bien une présentation un peu plus détaillée.

Jimmy Nelson, Homage to Humanity
Jimmy Nelson, Homage to Humanity

Jimmy Nelson, Homage to Humanity , du 20 septembre au 1er décembre 2019

Parallèle à son travail pour le livre Before they pass away, cette collection d’images montre les groupes humains dans le cadre de ce qui fait leur identité culturelle profonde et ancestrale : dans les paysages où ils vivent, parés des maquillages, ornements et vêtements traditionnels dans des postures qui les représentent au mieux. Les images, faites à la chambre, sont superbes, de très beaux tirages et la scénographie proposant une couleur de fond par continent est particulièrement agréable. Il est pourtant bien triste de constater que pour beaucoup, il ne s’agit déjà plus que de folklore...
Cette exposition met cependant le visiteur en situation de rencontres de peuples, quelle belle expérience. Pourvu que cette expo voyage beaucoup !

Sebastião Salgado, Gold
Sebastião Salgado, Gold

Sebastião Salgado, Gold , du 13 septembre au 19 novembre 2019

Sebastião Salgado, pour moi un monument...
Gold... Énorme expo sur son travail sur les mines d’or de Sierra Leone.
Peu de choses à dire sinon vous conseiller d’aller voir ces images, d’une manière ou d’une autre.
Juste impressionnant.

Saga Wendotte, In Between Realities
Saga Wendotte, In Between Realities

Saga Wendotte, In Between Realities , du 13 septembre au 17 novembre 2019

Au titre, possible que ça me plaise... ou pas...
L’expo présente en fait trois séries différentes : l’une met en scène un chaperon rouge dans des forêts sombres ou enneigées assez inquiétantes où les loups rôdent (Into the woods, 2013), à laquelle je suis finalement restée assez étrangère (puis le principe de la photo à regarder par le biais de son téléphone avec réalité augmentée ça me gonfle, même si le procédé artisitique peut sembler intéressant en terme de recherche), la deuxième, rapprochant l’impérialisme à un jeu d’enfant gaté et solitaire montre une petite fille en jaune jouant dans une chambre bleue avec des petits bateaux en bois (Seven seas, 2014, désolée pour la description, mais là non plus j’ai pas réussi à rentrer vraiment dedans), la dernière avec ces enfants disporportionnés faisant face à une réalité cynique en dehors de leur champ de compréhension (Little people, 2017) m’a beaucoup plus plu, dans la confrontation de l’image de l’innocence à celle de l’horreur de nos sociétés qui, je trouve, interpèle en profondeur.

Christian Houge, Residence of Impermanence
Christian Houge, Residence of Impermanence

Christian Houge, Residence of Impermanence , du 30 août au 24 novembre 2019

Le présent travail de Christian Houge montre des animaux sauvages empaillés en train d’être dédruits par le feu sur fond de papier-peint luxueux chargé de motifs, opposant vie et mort, vie sauvage et fatuité morbide qui interroge à la fois sur notre rapport au colonialisme et à l’impérialisme, à la surexploitation des ressources, à l’arrogance générale du comportement humain...
La frontière entre l’idée que je me fais de la photographie et l’art contemporain graphique voire la performance s’amenuise... La lecture des textes accompagnant les images est importante pour saisir la démarche.

J’ai semble-t-il loupé les expositions de Lu Yang, Delusional Mandala, sans doute par ce qu’elle ne m’attirait pas plus que ça, et de Sanna Sjöswärd, Fading Stories – pass them on, ce qui là est un vrai loupé...
J’ai eu le plaisir de croiser le regard de Jimmy Nelson et je crois bien aussi de Sebastião Salgado, qui étaient dans le bâtiment ce jour-là... et aussi de discuter en français avec un jeune serveur qui s’apprêtait à partir pour Paris, la peur du saut dans l’inconnu au ventre et des étoiles dans les yeux, et de toute cette merveilleuse visite de vivre de précieux moments.
C’est de cette façon que Fotografiska devient, avec Louisiana dont je parle plus loin, un de mes pivots, de mes essentiels, que je ne manquerai pas de visiter comme une bonne amie à chaque fois que j’en aurai l’occasion.

Vous en reprendrez bien encore un peu...

 

Moderna Museet (CFR, Non-Violence)
Moderna Museet (CFR, Non-Violence)

Moderna Museet, Stockholm, Suède

Visite en nocturne, souvent signe d’une déambulation tranquille dans une atmosphère d’entre-deux que j’apprécie (sortir de nuit et rester encore un peu dans ce mélange de sensations, de pensées et d’émotions). Mais le musée était en travaux, plusieurs salles fermées (dont celles renfermant les périodes qui m’auraient bien intéressées). En sous-sol, deux expo temporaires qui ne m’ont pas hyper emballée, sinon quelques pièces d’un Carl Fredrik Reuterswärd dit CFR qui ne manque pas d’humour, dont ce très célèbre car très repris dans la culture pop revolver à canon noué, Non-Violence. Quant à celle sur le travail d’Atsuko Tanaka, je pense juste que c’est pas ma tasse de thé, ou c’était pas le moment.

 

 
  • mardi 24, une toile ! (parce qu’y faut pas déconner non plus...)
Once Upon a Time... in Hollywood
Once Upon a Time... in Hollywood

Once Upon a Time... in Hollywood, film de Quentin Tarantino, 2019

Le temps passe et tout ne se passe pas toujours comme dans les films, hé oui...
Peut-être pas le meilleur Tarantino, même si on reconnaît bien sa patte, entre introspection sur ce foutu temps qui passe trop vite, le vieillir, la décrépitude sournoise, les interrogations sur ce qu’on a fait de sa vie, ce qu’il reste à faire, ce qu’il en restera — la « crise de la cinquantaine » quoi (non ? c’est pas à peu près ça ?) — et humour, sur fond d’intrigue criminelle (pas le bon mot) où deux façons de penser cohabitent ou s’opposent (mais où ce ne sera pas une question idéologique qui mènera à l’affrontement final). Question de destin. Mais quelques soient les histoires qu’on se raconte on sait comment ça finit.
J’ai vraiment bien aimé, les 2h41 sont finalement passées assez vite, malgré la fatigue. J’ai très certainement loupé quelques jeux de mots. À revoir dans de meilleures conditions.

 

 
  • mercredi 25, triste constat...
AnonyMouse MMX — Noix de Vie
AnonyMouse MMX — Noix de Vie

Boutiques AnonyMouse, Malmö, Suède

Pendant plus de deux heures j’ai battu le pavé, questionné des locaux, arpenté les rues qui ont accueilli ces espaces un peu particuliers, habitations et boutiques, bouts de rêves, de poésie. Car quelques rues pas forcément joyeuses du quartier de Möllevangen, à peu près entre la Stadshuset, le Folketspark et le centre culturel Mazetti, ont l’habitude en effet d’accueillir de minuscules boutiques pour souris... Restaurant, coiffeur, agence de voyage, club de jazz, librairie, boulangerie, détective, mercerie, café... réalisées par le collectif de réenchanteurs du monde AnonyMouse MMX.
Malheureusement condamnées à l’éphémère, elles ont été détruites, probablement vandalisées. La poésie est un acte de résistance même contre la population parfois (quelques individus, comme souvent)... :(
Restent les images de leur page Instagram (lien sur l’image), les nombreux articles qu’on peut trouver sur la toile, et surtout l’idée, qui a déjà essaimé à Stockholm, à Haga, sur l’île de Man et même à Bayonne. En espérant que l’usure ne viendra pas à bout de ces initiatives merveilleuses.

 

 
  • jeudi 26, retour au Danemark
Christiana Freetown
Christiana Freetown

Christiana, commune autonome autoproclamée et libre, Copenhague, Danemark

Quelques mots pour vous faire découvrir si jamais vous ne connaissez déjà. Un endroit à partager, à vivre, à explorer.
Village dans la ville, NDDL avant la lettre, qui aurait réussi à se pérenniser (depuis 1971), lieu de liberté, d’expression et plein d’humour. Pause bien-être.
Devenue touristique, n’en a pas pour autant perdu son âme, et on y en rencontre de belles... d’autres venus se perdre là aussi, déjà perdus espérant se retrouver dans les vapeurs de plantes ou de houblon, mais aussi et surtout l’énergie d’individus qui veulent vivre autrement, autre chose que ce qu’on nous propose en standard. Christiana la vivante, qui mute sans arrêt, grandit, continue à se construire sans perdre son visage, du moins celui que je lui ai connu il y a trois ans... (le lien avec Les Furtifs, dont lecture toujours en cours, devient d’une clarté limpide). Depuis 2013 pourtant, Christiana a légalement perdu son statut spécial. Légalement seulement. Qu’importe. La ville de Copenhague est bien contente d’attirer la manne des foules de touristes. Je ne suis pas sûre que l’incertitude empêche ses habitants de vivre sereinement.
Puis les rues de Christiana ne sont pas que des lieux des lieux d’expositions d’œuvres d’art (de toutes sortes, de tous les courants, de tous les élans), les rues de Christiana sont des œuvres d’art. En plus, ce jour-là c’était l’anniversaire de Christiana (même si je devine qu’elle renaît chaque jour, un nouveau « birthday »), les 48 ans de la belle, encore embellie par les nombreux spectacles de rue, concerts ou performances visuelles.
Je ne pouvais donc pas ne pas en parler... =)

Quelques liens...

 

Louisiana MOMA
Louisiana MOMA

Louisiana MOMA, Humlebæk, Danemark

Louisiana, ça a été pour moi une rencontre, un des beaux hasard que la vie offre parfois (assez souvent en fait, c’est ce qui en fait peut-être son intérêt), un relais transmis la veille du départ il y a trois ans par des amis d’amis qui en revenaient juste. La bonne adresse gardée au coin de la tête s’est transformée en révélation d’un lieu extraordinaire, de conservation, de partage, de découverte, de rencontres, de créativité, un temple de l’art moderne et contemporain, un lieu d’expérimentation fréquenté régulièrement par les artistes eux-mêmes, vivant, effervescent, un petit tour sur leur chaîne vidéo suffira peut-être à vous en convaincre. C’était alors devenu mon premier pivot, un endroit par lequel je passerai chaque fois que j’en aurai la possibilité. Sont venus s’y joindre cette fois-ci Fotografiska et dans une moindre mesure ARoS, dont je parle juste après.
La visite commence cette fois par le jardin, pour profiter du parc de sculptures avant que le jour décline : pièces de Henry Moore, Jean Arp, Joan Miró, Alexander Calder, Max Ernst, Henry Heerup, Jean Dubuffet, Joel Shapiro, entre autres... avec vue directe sur la mer et les salles d’exposition. Toujours dans la collection permanente, maintenant à l’intérieur, on peut voir une galerie complète dédiée aux sculptures et dessins d’Alberto Giacometti qui aura su se renouveler entre les deux visites, l’installation Gleaming Lights of the Souls par Yayoi Kusama (cette fois-ci non accessible mais assez sensationnelle, au sens premier), une pièce regroupant des tableaux d’Asger Jorn, qui personnellement me touchent beaucoup, un pouce de César et quelques autres œuvres qui vont et viennent...

À cela s’ajoutent encore deux superbes expo :

Marsden Hartley
Marsden Hartley

Marsden Hartley, du 19 septembre 2019 au 19 janvier 2020

L’expo (me) permet de faire connaissance avec l’artiste Marsden Hartley, peintre et écrivain, en déambulant dans différents espaces, chronologiques, regroupant les évolutions majeures de ses modes d’expressions, ses étapes d’évolution qui en ont fait un touche-à-tout plus attaché à un éternel questionnement sur la création qu’à un style ou une École particulière. Ça en fait justement un type très intéressant... et on s’aperçoit vite que les paysages, les portraits d’une grande tendresse en passant par les abstractions symbolistes ont bien sûr le même terreau. Chouette découverte =)

Lauren Greenfield, Generation Wealth
Lauren Greenfield, Generation Wealth

Lauren Greenfield, Generation Wealth , du 22 août 2019 au 16 février 2020

Grosse expo photo, découpée en plusieurs chapitres, qui reprend le travail à la fois journalistique et artistique de Lauren Greenfield depuis 1997. Entre art photographique, reportage ethnographique et documentaire... « Génération abondance/richesse ». Au programme, I Shop Therefore I Am, Princess Brand, Sexual Capital, New Aging, New Oligarchy/Bling Dynasty, The Legacy of Gordon Gekko (du film Wall Street d’Oliver Stone), Dream Home, The Fall... Autant d’éclairages sur le rapport de la culture occidentale capitaliste à l’image de soi, quitte à s’envisager comme un produit qui doit continuer à plaire, les représentations sociales liées aux notions d’argent, de « réussite », de matérialité jusqu’à la nausée au fil de ce qui représente une réelle analyse sociologique et anthropologique, de la génération « Golden Boys » à la crise des subprimes. Assez passionnant !! et très enrichissant (sans mauvais jeu de mots).
En accompagnement, le film documentaire associé que je n’ai pas eu le temps de voir (mais qui doit bien se trouver...).

Louisiana fait partie de mes essentiels.
N’hésitez pas à suivre les liens sur les affiches de chaque expo, qui vous mèneront à leur page dédiée, et des vidéos complémentaires fort intéressantes (en anglais pour la plupart).

Pour suivre l’actu de Louisiana
Louisiana Channel La chaîne YouTube (oui, bon...) Et aussi présente sur les réseaux sociaux les plus courants...
Pour poursuivre la découverte

 

 
  • vendredi 27, enfin
ARoS MOMA
ARoS MOMA

ARoS MOMA, Aarhus, Danemark

Bâtiment imposant à la lisière du centre d’Aarhus... une architecture intérieure bluffante, qui n’est pas sans me rappeler celle du Nya Stadhus de Kiruna.
On y entre après une belle volée d’escaliers vers le 4e niveau, comme une quête d’élévation ? J’attaque directement par le 10e et dernier niveau, tant qu’il fait jour.

Your Rainbow Panorama
Your Rainbow Panorama

Your Rainbow Panorama, installation permanente

Une coursive de verre coloré, roue chromatique surplombant le cube et la ville, pour une expérience surprenante, un jeu sur les complémentarités, les perspectives, les perceptions... De quelle couleur voulez-vous voir la vi(ll)e aujourd’hui ?

Au niveau inférieur, le panorama sur la ville revient sans filtre...
En dehors des œuvres disséminées ici et là, à l’étage inférieur, Human nature, ou l’une des plus belles manières vues jusqu’ici de synthétiser (syncrétiser ?) l’art (pictural principalement, mais aussi scultpural et photographique, un peu), en les regroupant selon différents thèmes centraux de l’évolution humaine : Nature (brute), Paysages (travaillés par l’humain), Religion, Exploration, Société, Philosophie, Psychologie et Abstraction, qui permettent d’aborder à peu près tous les courants de l’Histoire de l’Art.

Far From Home
Far From Home

Far From Home, jusqu’au 30 novembre 2020

Au 6e niveau, cette grande exposition interroge sur notre notion de « Home », maison ou foyer, sanctuaire ? De manière connexe elle interroge aussi les notions de matérialité, matériaux, famille, centrement, individualité, construction (au sens large), et aussi ce qui reste lorsque tout a été détruit (c’est quand elles ont disparu qu’on se rend compte de l’importance des choses ?), et bien sûr l’écart qu’il peut y avoir entre nos sentiments profonds et souvent uniques et nos représentations, personnelles ou induites par une éducation.
Je parlais de la magie de la vie un peu plus haut. Une expo qui a titre personnel a une résonance particulière, mais peut-être sommes-nous de plus en plus nombreux dans ce cas ?
En fin d’expo, une salle scénographiée pour que le célèbre Boy de Ron Mueck « trouve sa place » dans cette problématique... pas mal vu ;-)

En-dessous encore, une courte expo Before the Fall of the Wall, qui nous replonge en plein dans les années 80 (mmmmh ! le vert le jaune et le rose sur les murs avec des extraits de jingles télévisés), face à des œuvres d’artistes de part et d’autre de cette abomination toujours à la mode semble-t-il. Assez peu de petites fleurs et de soleils orange... Déjà trente ans et les images de la télé gravées dans la mémoire comme si c’était hier.
Les niveaux 4, 3 et 2 étant dédiés à l’accueil du public et à l’administration, direction ensuite le niveau 1, et l’expo Douglas Gordon : In My Shadow, où l’on retrouve vidéos, installations, sculptures, photographie et dessins, toujours à la lisière de la performance. Assez éclectique donc, pas celle qui m’aura le plus touchée de ce voyage, malgré les influences de Stevenson et Caroll.
Enfin, tour rapide au niveau inférieur, le dernier, où sont présentées quelques installations. Ça me rappelle un peu celles de Levi van Veluw, un peu, de loin, sans pour moi l’émotion et le vertige métaphysique ressentis à Kerguehennec l’an dernier (au passage, si vous avez l’occasion de découvrir son travail, courrez-y, franchement !)
Encore une fameuse découverte, je suis ravie d’avoir fait le détour après notre rendez-vous manqué il y a trois ans. J’y ai ressenti moins d’effervescence créative qu’à Louisiana ou Fotografiska, mais le lieu est tout de même fabuleux, rien que par l’étendue de ce qu’il propose. Un nouveau repère posé sur ma carte mentale des coins à vister quand l’occasion se présente. Pas pivot, pas autant que les deux pré-cités, mais pas dégueu quand même !!!

 

 
  • lundi 30, dernier jour !
Festival photo de La Gacilly
Festival photo de La Gacilly

Festival photo de La Gacilly, du 1er juin au 30 septembre de chaque année

Dernier jour du festival, plutôt mort (-ne) sous une pluie pénétrante. Librairie déjà démontée, les visiteurs se font rares. Rapide tour (deux trois heures pour voir toutes les expos du centre, j’avoue avoir zappé les deux périphériques), j’en retiens, à part l’habituelle opération de Green-washing du parfumeur local, quelques séries bluffantes, sur les plans esthétique et signifiants et quelques superbes images. Quelques noms, quelques liens... Josef Koudelka, Invasion 68 à Prague, Alexandre Rodtchenko, L’œil révolutionnaire du constructivisme, Charles Delcourt et son encourageante et rafraîchissante série sur l’île de Eigg en Écosse, en enfin les impressionnantes séries de Marco Zorzanello sur le Tourisme climatique

Pour voir plus de travaux de ces photographes

 

P.-S.

Bouillonnante Fotografiska.
Indispensable Louisiana.
L’art comme consolation de la civilisation.

Riot

Pour une plongée plus détaillée dans ce road-trip scandinave et plus d’images, n’hésitez pas à faire un tour sur le carnet de route (premier du genre mais sans doute pas dernier) Road-trip : une p’tite place dans le sac à dos...

Première mise en ligne 4 octobre 2019, dernière modification le 10 octobre 2019

LR CC by-nd

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