Vous êtes ici : Accueil > Lu, vu, entendu, visité > Journal | Décembre 2019

Journal | Décembre 2019

 
  • dimanche 1er, swing
Le ptit monde des Eostiged ar Stangala
Le ptit monde des Eostiged ar Stangala

Le petit monde des Eostiged ar Stangala, spectacle de danse bretonne, Le Roudour

Spectacle de danse bretonne et moderne. Trois créations mélangées : Nask, Notre petit monde, et Dres. Des origines à aujourd’hui, la danse et ses danseurs, bien vivants. Le mouvement empli de swing de joie et d’humour car non, ils ne se prennent pas trop au sérieux les Eostiged. Accompagnés par un ensemble musical qui brille dans l’oscillation entre trad’ et jazz. Un excellent moment, un spectacle d’une grande qualité technique et esthétique, avec une vraie recherche (pour ce que je peux en dire, juste sur mon ressenti et non ma connaissance de la danse !), qui m’a permis de m’initier un peu mieux à ce que j’appréciais sans comprendre ce que je voyais. Pour toutes ces raisons, je crois que ce spectacle est susceptible de s’adresser aussi bien aux fins connaisseurs qu’aux plus grossiers béotiens. J’ai vraiment bien apprécié !
À noter l’excellente première partie du Duo Gazag, sax et accordéon.

 

 
  • lundi 2, de la gouge qui sert à celle qui tranche...
Olympe de Gouges
Olympe de Gouges

Olympe de Gouges, roman graphique de Catel et Boquet, Casterman Écritures, 2012

Pas emballée par les dessins, autant être honnête tout de suite. Enfin l’occasion d’en découvrir un peu plus sur ce personnage qui est revenu sur le devant de la scène médiatique il y a quelques années. Intéressant, enrichissant. Je reconnais que si je comprends l’importance de connaître l’histoire, ce n’est pas forcément mon domaine de prédilection, et cette période, surtout pas ma préférée. Au moins en BD ça passe mieux. ;)

 

 
  • vendredi 6, en famille
McDonnell Trio
McDonnell Trio

McDonnell Trio, Irish family, musiques irlandaises, Le Roudour

De la musique irlandaise entre chants trad et folk au chant a capella ou accompagné de guitare, mandoline, banjo, accordéon ou bodhran. Les très belles voix d’un père et ses deux fils, un peu timides au début, mais une fois le concert vraiment démarré et l’ambiance réchauffée, un très sympathique moment partagé.

 

 
  • lundi 9, du pain, sur la planche
Les Misérables
Les Misérables

Les Misérables, film de Ladj Ly, 2019

Si la violence semble vouloir rester attachée à certains endroits au fil du temps, le film interroge le fatalisme d’un tel constat. Ceux-ci peuvent aussi être le lieu où poussent des Gavroche.
Décrit comme un baril d’explosif chauffé à blanc où il ne manque plus qu’une ombre d’étincelle pour tout embraser, nous nous retrouvons dans le concret, le quotidien de la banlieue souvent décriée, accusée, blâmée, méprisée. En omettant trop facilement les responsabilités à l’origine de ces ghettos architecturaux, sociaux, politiques, psychologiques, toujours de plus en plus complexes à appréhender, comprendre, comme une énorme bobine qu’il faudrait pouvoir désentortiller.
Qu’attendre d’individus biberonnés à peur et à la violence, où celui qui fait montre de faiblesse devient la prochaine victime. Être prédateur ou proie, sans autre alternative.
Et le film de terminer par cette citation de Victor Hugo :

Mes amis, retenez ceci :
il n’y a ni mauvaises herbes,
ni mauvais hommes,
il n’y a que de mauvais cultivateurs.
 »

Tout était déjà dit.

Film magistralement réalisé, la montée de tension savamment orchestrée, palpable, la moiteur suffocante. Elle aurait pu l’être encore davantage à mon sens dans le rendu de cette sensation de chaleur caniculaire, collante. À rester suspendus à la dernière image, le souffle coupé. Et c’est pourtant aussi un quotidien qui est raconté là...
Pourvu que les questions ouvertement posées puissent susciter des réponses dignes d’un humanisme à la Hugo, actualisé aux nécessités de notre siècle.

 

 
  • mardi 10, walking dreads
Atlantique
Atlantique

Atlantique, film de Mati Diop, 2019

Beuapfff... L’archétype même d’un film que j’aurais aimé aimer. Là encore un humanisme décrivant une réalité de la société ivoirienne, l’exploitation de l’homme par l’homme au nom du profit, les mariages plus ou moins forcés, le poids des dogmes, les rêves d’ailleurs meilleurs et lointains, ceux qui partent... le tout nimbé de fantastique entre magie et symbolisme comme il m’est souvent arrivé de le voir dans le cinéma africain. Mais les histoires de zombies, c’est plus fort que moi, j’peux pas. Pourtant une histoire assez bien balancée, de belles images qui restent, mais rien n’y fait, je bloque.

 

 
  • dimanche 15, enchanteur
Le Chant de la Mer
Le Chant de la Mer

Le Chant de la Mer, film de Tomm Moore, 2014

Une véritable découverte que ce film dont un ami m’avait parlé l’an dernier. Au départ une histoire bien triste transcendée par l’univers des contes et légendes d’Irlande. Triste (réellement), effrayant à un moment (qui à chaque fois m’interroge, comme si chaque film destiné à la jeunesse nécessitait son instant anxiogène ??), mais résolument optimiste et positif, merveilleusement poétique, onirique. Mort, vie, émotions, amour, un vrai film-monde. J’ai adoré et recommande chaudement (et dès 5-6 ans je dirais, en visionnage accompagné bien entendu).

 

Aux Douze Vents du Monde
Aux Douze Vents du Monde

Aux Douze Vents du Monde, recueil de nouvelles d’Ursula K. Le Guin, Le Bélial, 1975, 2018 pour la présente édition, traduction de Pierre-Paul Durastanti

Encore un auteur que je voulais découvrir depuis longtemps, à lever la tête vers ce recueil de nouvelles dont les titres me sont en partie connus tant les mondes d’Ursula Le Guin ont la capacité d’être bien vivants dans l’esprit de ses lecteurs et d’où s’échappent quelques bribes qui passeront à ceux qui ne l’ont pas encore lue...
L’envie de réfléchir et de rêver en ce début décembre, ça tombait donc sous le sens.

La lecture terminée, une énorme déception d’arriver à la dernière page et de devoir refermer le livre, cet univers, cette maison où je me suis sentie comme chez moi. Profond tant dans les réflexions que les nouvelles proposent que dans les émotions qu’elles suscitent. Sans exagérer un des plus beaux livres lus de ma vie (je fais une distinction entre les lectures importantes et les belles lectures... Aux Douze Vents du Monde est les deux à la fois). Il est probable que l’objet-livre connaisse une usure prématurée...

Ceux qui partent d’Omelas...

 

 

J'ai perdu mon corps
J’ai perdu mon corps

J’ai perdu mon corps, film de Jérémy Clapin, 2019

J’en avais pourtant entendu beaucoup de bien. Sans doute justifié. Bien foutu, belles images. Mais je ne comprends pas le recours à la violence et à la morbidité quasi-systématique. Parfois tout à propos (cf. Joker par exemple), mais ici je ne vois pas. Pas ma came.

 

 

 
  • lundi 16, mot de passe ? [1]
La vie en cabane
La vie en cabane

La Vie en Cabane, essai de David Lefèvre, Transboréal, 2015

Petit éloge de la cabane, à travers ses différentes significations au fil du temps, les symboles qu’elle transporte avec elle, les imaginaires qu’elle suscite. La cabane comme ode à la sobriété devient aussi message politico-économique (y a-t-il encore une distinction ?). J’aurais aimé que le style employé illustre un peu mieux la simplicité qu’il veut promouvoir (surtout au début, ça s’arrange en cours de lecture). Une sorte de réactualisation de H. D. Thoreau en somme.

 

 
  • mercredi 18, sans blague
Joker
Joker

Joker, film de Todd Phillips, 2019

Visionnage retardé, attendu patiemment. Je comprends maintenant la polémique. Le film ose en effet proposer une vision dérangeante, choquante de la fabrique de la violence individuelle comme réponse légitime à la violence du monde. Quoi de plus dérangeant et choquant que la vérité ? Une analyse à mon sens très pertinente qui nous offre la possibilité de nous interroger sur ce vers quoi la société que nous connaissons peut glisser imperceptiblement (est déjà en train...), et l’importance de s’ouvrir à l’Autre avant que cette violence soit le seul mode d’interaction envisageable. Dans cette Gotham-là comme ailleurs, pas de super-héros, et les super-vilains ne sont que l’expression du malaise global, une conséquence plus qu’une cause. Conséquence qu’il est donc possible d’éviter. Le Mal n’existe pas comme entité.

En plus d’une écriture de très belle facture, et d’être superbement incarné (personnages comme décors, mention spéciale évidemment à Joaquin Phoenix), j’ai trouvé la réalisation très réussie (image, composition, montage, musique, ...). À mon sens un très grand film.

 

 
  • dimanche 22, horizon blanc
Migrante est ma demeure
Migrante est ma demeure

Migrante est ma demeure, recueil de Nils-Aslak Valkeapää, traduit du same du nord par Marie Jocelyne Fernandez-Vest, Quidam Éditeur (précédemment Éditions Cénomane), 2008

Prêté par une amie avant de partir, le livre a été du voyage dans l’espoir d’une lecture immersive (ou plutôt immergée) sans que je trouve le temps de l’ouvrir réellement — le nez tombait bien avant. L’occasion de retrouver l’émotion des grands espaces, la sensation du vent, du soleil et de la pluie, le voisinage des rennes, des lagopèdes et des horizons dégagés. Celle de les découvrir pet-être. Transportée comme par magie, téléportée. Quel bien ça fait. Probable que je m’en fasse une ligne (voire une page entière) de temps en temps...

Préparer le voyage (ou le prolonger)

 

 
  • mercredi 25, dans la poudreuse
American Psycho
American Psycho

American Psycho, film de Mary Harron, 2000

Plongée dans les années « golden-boys », frime, coke et uv, sans trop d’épaulettes tout de même (on a échappé au pire) dans ce thriller assez bien foutu qui illustre bien la psychose dans laquelle a sombré le monde de la finance et ses anges noirs avant d’y précipiter le reste de la société. Bien foutu sans être exceptionnel, j’ai bien aimé.

 

 
  • jeudi 26, dans le désert
Bilal
Bilal

Bilal, film de Ayman Jamal et Khurram H. Alavi, 2016

Pas fan de la réalisation, tout de même contente de découvrir cette histoire (celle de Bilal Ibn Rabah) et le message de fraternité qu’il porte. Contente aussi d’avoir un aperçu d’une autre culture, par une autre lucarne que celle du monde occidental. Film pas non plus indispensable.

 

 
  • lundi 30, désert bleu
Better Call Saul
Better Call Saul

Better Call Saul, série de Vince Gilligan et Peter Gould, 2015-en cours

Après avoir adoré Breaking Bad, bien sûr...
Un premier épisode lent et poussif, mais parfois ça vaut vraiment le coup d’insister. Pour l’instant très sympa (pas génial non plus, mais parfait pour se détendre le soir).
Après avoir vu les quatre premières saisons, je ne peux que constater que le niveau est rapidement allé crescendo jusqu’à s’approcher très près à mon sens de la qualité d’écriture et de rythme de la série originelle. Du très bon. Hâte de voir la cinquième saison ! =) (En revanche, le film El Camino, qui suit Jesse Pinkman après les événements de Breaking Bad, sorti en courant d’année, me semble tout à fait dispensable).

 

 

 
  • mardi 31, St-Sylvestre blanche
La Lune est blanche
La Lune est blanche

La Lune est blanche, bande dessinée et photographiée de François et Emmanuel Lepage, Futuropolis, 2014

Les grands espaces, encore... Dernière frontière terrestre. Très bel ouvrage, très belle aventure, dans son sens commun, et aussi aventure humaine et fraternelle.

Quelques planches...

 

 

[1indice

Première mise en ligne 4 décembre 2019, dernière modification le 10 janvier 2020

LR CC by-nd

La discussion est ouverte !

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.